Alabama Monroe : poésie flamande et musique country

Elle est tatoueuse, féline et talentueuse micro à la main. Lui, un nostalgique de l’Amérique du XIXème siècle, cow boy belge moderne retapant sa ferme quant il ne joue pas du banjo dans son groupe de Bluegrass – cette country pure et sautillante des Appalaches bordée de mélancolie – de leur union va naître l’espiègle Maybelle, petit corps chétif qui va être ravagé par l’apparition d’une leucémie.

Félix Van Groeningen, auteur de La merditude des choses, choisit d’adapter une pièce de théâtre écrite par Johan Heldenbergh, ce dernier étant lui même l’interprète du personnage de Dider le cow boy belge. S’attaquer à un sujet tel que la mise en scène de la mort d’un enfant n’est pas chose facile, du moins certains écueils sont à éviter pour ne pas tomber dans une fable misérabiliste, complaisante et dénuée d’intérêt. Cependant, Félix Van Groeningen surprend en nous offrant un montage particulier. Ménageant l’élan romanesque de son récit, il réussit un tour de force en structurant le film par une multitude de flashbacks permettant ainsi de vivre les aventures du couple dans un vertige de fureur et de vie. A l’instar d’une construction en puzzle, le film est rythmé par des ellipses, des scènes musicales, d’autres hautement dialoguées, de brillantes transitions tout en traduisant une fluidité scénaristique remarquable.

Le groupe de Bluegrass

Bien que le pitch puisse rappeler celui de La guerre est déclarée de Valérie Donzelli : le combat et les errements d’un couple face à la maladie d’un enfant jusqu’à sa lente désintégration, Alabama Monroe se démarque et coiffe au poteau le film de Donzelli en ne laissant transparaitre aucun pathos, évitant ainsi de tomber dans l’écoeurement émotionnel.

Ajouté à cela le duo Veerle Baetens/Johan Heldenbergh qui est véritablement étourdissant tant dans leur contraste, l’un profondément athée l’autre croyante et furieusement indépendante, que dans la passion qu’il nous inspire. Ponctuées par une BO à la fois grave et joyeuse, le couple qu’ils forment contribue à faire du film un véritable hymne à l’amour qu’il soit filial, passionnel ou musical.

BANDE ANNONCE

Publicités

Une réponse à “Alabama Monroe : poésie flamande et musique country

  1. Tout à fait d’accord: un sujet risqué, pour ne pas dire casse-gueule, dans lequel s’était déjà (à mon sens) un peu empêtrée Valérie Donzelli, et dont le Belge se tire admirablement grâce à une formidable construction scénaristique et des jeux d’acteurs magnifiques. A voir et à entendre, et pourtant je suis pas vraiment country hein…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s