Le Chat Noir, inspiration et musique

Le Chat noir, autrement dit The Black Cat, est une sombre nouvelle d’Edgar Alan Poe.
Cette short story est profondément marquante, avec des détails précis et des descriptions percutantes tant le réalisme est là.

The Alan Parsons Project est un groupe de rock progressif britannique des années 75 à 90. Ils sortent l’album Tales Of Mystery and Imagination en 1976. C’est leur premier album, et ce concept est basé sur des nouvelles, mais aussi des poèmes de l’auteur.

Et la nouvelle elle-même, et l’album, nous valent ce poème en prose, signé de l’auteur de l’article.

Le Chat noir

Un hululement effraie les chats hurleurs qui courent dans les gouttières. Le vent souffle et siffle au travers des volets clos. Un chat noir se tient là, près de la fenêtre, son regard jaune fixe vers la porte ouverte. La pluie battante martèle le pauvre toit, dénudé de la chaleur d’une mousse nordique, le ruissèlement de l’eau sur les noires plaques d’ardoises est comme le sang dans mes veines, vif et dévastateur, porteur du sombre message d’un déboire à venir ivre, onirique. Cette atmosphère étouffante est telle l’angoisse à la gorge qui serre nos coeurs épanchés de l’envie brûlante d’aimer, de souffrir de la passion réciproque à n’en plus pouvoir, à avoir le souffle coupé sous la beauté éclatante du soleil moribond. Les vagabonds ont l’âme en peine, les amoureux le coeur en berne.

C’est un drapeau noir que je vois flotter au dessus des côtes de nos vies, abysses sans fins, pas même la mort. Aucune algarade n’est capable de surprendre la chute téméraire de l’âme au creux de ses reins, amuse bouche infâme de la mélancolie, réconfort précis de l’atrabilaire en quête de sensations nouvelles.

Ce chat, noir aux yeux jaunes, ne bouge pas dans la pénombre tacite de la lune éclatante. Il est beau, ce chat du malheur sous les pales rayons d’Hécate, seul au milieu de la nuit, son pelage brille des larmes du ciel. Les volets clos permettent de distinguer la faible fumée des cigarettes écrasées sur le velours des chevets, car la lueur macabre de l’antechrist du soleil est passivement belle dans cette chambre vide, dénudé aux murs, aux mobiliers absents. J’avale ma dernière gorgée de vin rouge, et ma fierté avec ça. Je me tais, car je ne parlais pas mais ma tête bouillonnée des maux de la veille, et le silence paisible de l’esprit signifiant un néant certain dans la notion de réalité m’apaise, baisse mon pouls, et mon égo se retrouve ainsi au plus bas. Ce n’est pas un mal, ce n’est pas le bien, car je me crois faible. Le coeur à nu, l’âme aux yeux de tous, je ne saurais me protéger de la vile multitude dérangeante qui gravite autour de mon être, barycentre de ma propre vie.

La porte ouverte est au final l’invitation portée publiquement aux autres pour pénétrer ma vie, mes fastes et mes secrets les plus terribles. Ca m’effraie, tout comme la chouette, terriblement de croire qu’autrui puisse m’asservir, alors je renferme en moi un orgueil démesuré dans l’espoir d’être un jour capable de me relever, et de dire à tous que je ne veux pas être ainsi, que je ne veux pas me perdre. Les volets clos sont mes yeux sur vos actes décadents, débauchés et barbares. Que devient donc l’élégance de Musset, de Brummell ? Elle est perdue comme moi, être-au-monde perdu, et finalement être-à-la-mort, simplement.

Lucas Perrot.

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