Django Unchained, entre western spaghetti et blaxploitation !

On enfile son veston, son ceinturon et ses bottines. On oublie pas le 6 coups ainsi que le traditionnel chapeau et c’est parti pour plonger dans l’Amérique du milieu 19ème, quelques années avant la guerre de sécession.

Ambiance western spaghetti, (l’influence est là), bande son empathique, narration postmoderne et scènes de violences à l’esthétique sophistiquées, voyons ce qu’à dans le ventre le dernier Tarantino.

Hommage à « Django » de Sergio Corbucci, Tarantino nous transporte dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession. Le docteur King Schultz interprété par Christoph Waltz, personnage aux multiples facettes inspirant divers sentiments, est un chasseur de primes allemand se faisant passer pour un dentiste itinérant qui fait l’acquisition de Django (Jamie Foxx) un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda (Kerry Washington), sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…  Et le maître de cette dernière n’est autre que le surprenant Leonardo Dicaprio dans le rôle de Calvin Candie assisté par son serviteur noir Stephen interprété par un Samuel L. Jackson vieilli.

Tarantino, l’architecte de l’histoire ?

A l’instar d’Inglorious Basterds, on retrouve cette volonté de remanier l’histoire propre à Tarantino, on avait quitté le réalisateur durant cette seconde guerre mondiale tarantiniesque, ou s’exerçait la vengeance d’une juive tuant Hitler et son état major en faisant sauter un cinéma, ici ce sera la vengeance d’un noir sur les esclavagistes américains en les éliminant un par un grâce à l’aide du Docteur King Schultz, le chasseur de prime allemand.  C’est toujours cette véritable envie de venger les victimes et punir les bourreaux qui s’exprime depuis quelques années dans le cinéma de Tarantino. On y décèlera surement une marque de maturité liée aux thèmes traités, d’abord l’Holocauste et maintenant l’esclavage. On oublie les gangsters de Pulp Fiction, Reservoir Dogs ou Kill Bill. Mais ce sera sans ôter son style habituel qui nous offre un humour déjanté, des scènes très riches en dialogues, de superbes performances d’acteurs et des giclées de sang à tout va toujours dans ce contexte décalé alimenté par la perversion et l’outrance.

Un superbe jeu d’acteur malgré quelques contrastes

Le film déroule de longues scènes dialoguées, marque de fabrique du cinéma tarantiniesque, et nous dévoile un Christoph Waltz prodigieux, énigmatique chasseur de prime sans humanité apparente, il ordonne à Django de tuer un père devant son fils, cependant au fur et à mesure on décèle l’homme cultivé issu d’Europe étranger à la pratique esclavagiste du sud des Etats Unis nous peignant un portrait plutôt paradoxal d’un idéaliste prêt à affronter la sauvagerie de l’Amérique. Acheminant un duo avec Jamie Foxx, ce dernier nous offre une pâle interprétation, un manque de crédibilité certain s’exerce, l’acteur évolue et joue son rôle à la manière d’une star du rap américain, façon Jay Z, cette touche post-moderne surement voulu par le maître m’a fortement déplu et transmet une glorification de la culture noire américaine d’aujourd’hui cachant un objectif commercial, regrettable, en corrélation avec les succès internationaux des chanteurs et producteurs noirs américains tels que Jay Z, Kanye West, Will i am, …  Oui, il faut bien qu’une personne ose dégrader, ne serais-ce qu’un petit peu, ce film si plébiscité parmi les critiques.

Heureusement la performance de Leornardo Dicaprio est présente pour gommer ces défauts inhérents à la prestation de Jamie Foxx, occupant un rôle à contre-emploi Dicaprio surprend, il transpire le sadisme et la cruauté dans un rôle de méchant homme d’affaires blanc régnant en maître sur son exploitation intitulée mégalomaniaquement « Candyland ».  Suivi de son fidèle noir servile, Stephen un Samuel L. Jackson raciste, poussant alors le paradoxe jusqu’au bout.

Django, la rencontre de deux genres

Ainsi, entre western spaghetti et blaxploitation, Jamie Foxx a beau massacrer son quota de vilains méchants Blancs, dans des scènes plus sanglantes les unes que les autres, le film de Tarantino se révèle bien moins radical dans sa description de l’esclavage et sa vision du black power que ses ancêtres issus de la blaxploitation. Abordé avec son style propre il peint l’esclavage du sud des Etats Unis avec un humour efficace et étranger aux films des années 70, on retiendra une scène particulièrement hilarante illustrant des membres du Ku Klux Klan s’énervant les uns contre les autres à propos de la praticité de leurs traditionnels habits.

Le mot de la fin

Tarantino a élégamment réussi son tour, le film est une saucée post-moderne mêlant divers genres cinématographique habilement assortis, cependant je mettrais en exergue la performance de Jamie Foxx qui dénote quelque peu la qualité du film. Nous amenant ainsi à conclure que la force de Django est majoritairement portée par les prouesses de Dicaprio et Waltz additionnée à la patte habituelle de Tarantino. 

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4 réponses à “Django Unchained, entre western spaghetti et blaxploitation !

  1. euh.. l’europe à aussi pratiqué l’esclavage ( la France dans les colonies aux Amérique (haiti, Martinique, Guadeloupe,etc) et le rôle de l’europe dans la colonisation…
    d’ou la subtilité d’avoir pris un Allemand et non pas un belge ou un français.

  2. Je ne vois pas trop le rapport entre le personnage de Jamie Foxx et Jay-Z , si ce n’est un énième raccourci teinté de clichés.
    Manifestement c difficile pour certain (surtout en France) de voir autre choses dans un personnage noir que les clichés habituel.

    • Pour ma part le rapport est évident entre le Django joué par Jamie Foxx et une star du rap américain. Je prends Jay-Z mais ça pourrait très bien être un autre rappeur noir américain. Ce rapprochement est explicité avec certaines scènes ou Jamie Foxx se présente tel un gangster façon clip de rap sur un fond musical approprié : du rap. On ne peut nier la relation qu’à voulu faire Tarantino. Alors à vrai dire ce cliché c’est lui-même qui le met en scène et le provoque, l’originalité est qu’il prend forme dans un western, un genre cinématographique totalement étranger à ce genre de personnage.

      Dans cette comparaison, ce que je reproche n’est pas le fait que ce soit un noir ou la glorification noire américaine elle même qui soit mise en valeur, mais plutôt l’intérêt commercial qu’il peut y avoir derrière ceci en surfant justement sur un « effet de mode », lié à la culture rap, très actuelle chez les jeunes.

      A tel point que Jamie Foxx, je trouve, nous montre une interprétation que n’importe quel autre chanteur tel 50 cent, Kanye West ou autres auraient pu nous offrir. Lorsqu’il dialogue c’est uniquement pour débiter des insultes à tout bout de champ.

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