Le retour fracassant des petits bonshommes aux pieds poilus

Bon, je me suis enfin décidé à poser mes fesses dans ces fauteuils rouges armé de mes lunettes en plastique me donnant l’air d’un abruti complet (3D oblige malheureusement). Moi qui m’était pourtant juré, 6 mois plus tôt en visionnant pour la première fois la bande annonce du Hobbit, de tout faire pour le savourer en avant première et finalement me voilà dans la salle obscur presque un mois après sa sortie (je maudis ma paresse).

Tout d’abord, mauvaise surprise à la caisse lorsqu’on m’annonce qu’il me faut débourser 1 euro de plus pour obtenir ces chères lunettes en plastique (en effet, je déteste cette 3D fake qu’on nous oblige à déguster à chaque nouvelle grosse production américaine) mais là j’apprends que Peter Jackson démocratise une nouvelle innovation technologique, plutôt importante, puisqu’elle porte sur la totalité du film et remet en cause l’un des fondements du cinéma. Le HFR 48 i/s (high frame rate) qu’on pourrait traduire par haute cadence de prise de vue. En clair Le Hobbit est le premier long métrage tourné et diffusé à 48 images par seconde, le double des 24 images par seconde des films de cinéma depuis près d’un siècle. Cela rendrait le spectacle plus réaliste et immersif selon Peter Jackson. Le hic c’est que la diffusion du film en HFR 48 i/s est volontairement limitée à seulement une cinquantaine de salles de cinéma en France… Et à Tours, manque de pot, aucunes des salles diffusent le film en HFR 48 i/s (damnit ! ).

Bilbo le Hobbit, le livre

Pour la petite histoire, Bilbo le Hobbit est le premier roman publié par J.R.R Tolkien, linguiste et professeur à l’université d’Oxford. Tirée de l’univers que l’auteur britannique imaginait depuis plus de vingt ans, cette œuvre se destinait tout d’abord à ses propres enfants. Il mit ensuite plus d’une douzaine d’années à achever Le Seigneur des anneaux, consacré à un public plus âgé, compte tenu de sa complexité.

Mes craintes étaient de ne pas retrouver l’univers, la beauté visuelle et les techniques propres aux trois volets du Seigneur des anneaux. De peur que l’objectif initial du Hobbit soit d’exploiter la poule aux œufs d’or et d’engranger un maximum de profit grâce à un public et des recettes déjà largement assurées. Ainsi l’adaptation du Hobbit semblait une obligation commerciale et cinématographique mais la question était quand ? Et surtout par qui ? Avec quelle équipe ?

Initialement proposé à Sam Raimi le projet a ensuite atterri entre les mains de Guillermo del Toro, qui a du faire face à la grève des scénaristes (début 2008), aux problèmes financiers de la MGM et à divers reports avant de jeter l’éponge, en juin 2010, forçant Peter Jackson à prendre lui-même les choses en main et par n’importe quelles mains, des mains de maître ! (Merci papa Jackson pour ce petit cadeau de Noël !)

Dès le début on en prend pleins les yeux avec un magnifique prologue arborant des lieux fantastiques visuellement très réussie notamment cette citadelle nain : Erebor. Puis cette bataille qui oppose les Nains d’Erebor au redoutable dragon, Smaug. On pense tout de suite au prologue de La Communauté de l’anneau qui nous présentait la grande guerre opposant les peuples libres de la terre du milieu aux forces du mal.

La compagnie qui vous accompagnera durant ces 2h50 d’aventures

Et ainsi ce bon vieux (jeune maintenant) Bilbon Sacquet (joué par Martin Freeman, vu notamment dans Hot Fuzz) va chercher à reprendre le Royaume perdu des Nains d’Erebor, conquis par Smaug. Alors qu’il croise par hasard la route du magicien Gandalf le Gris (toujours Ian McKellen, on change pas une équipe qui gagne), Bilbon rejoint une bande de 13 nains dont le chef n’est autre que le légendaire guerrier Thorin Écu-de-Chêne (Richard Armitage) descendant des rois nains d’Erebor. Leur périple les conduit au cœur du Pays Sauvage, où ils devront affronter des Gobelins, des Orques, des Ouargues meurtriers, des Trolls, des Golems et des Sorciers…

Les paysages se succèdent, des étendues vertes passant par de sombres forêts et finissant par les bas fonds d’une montagne infestée de gobelins. Tout aussi grandioses les uns que les autres. Sur fond orchestral mené encore et toujours par Howard Shore respectant les morceaux des trois volets du Seigneur des anneaux, on retrouve la douce mélodie de la comté, à cela s’ajoute une mélodie plus guerrière jouée par des cors incarnant la brutalité et l’héroïsme des nains de la compagnie. Puis ce chant, « Misty mountain» interprété par les nains, vous fera frissonner je vous l’assure.

Le personnage de Bilbon Sacquet est assez intéressant puisqu’il rassemble toutes les caractéristiques de l’antihéros, il aime manger, lire, dormir et comme tout les hobbits de la comté il mène une vie paisible et calme qu’il ne troquerait pour rien au monde. Mais finalement l’appel de l’inconnu est plus fort que tout, après maintes réflexions, il part avec la compagnie. Tout au long du film, son intérêt à cette dernière est remis en cause, lui même s’interroge. Puis il va faire la rencontre de Gollum, sur les rives du lac souterrain, surement l’une des meilleures séquences du film, lorsqu’il parvient à mettre la main sur le « précieux » et échange des devinettes avec Gollum.

La rencontre entre Bilbo et Gollum

Je dois admettre qu’à la fin on en redemande, les 2h50 d’aventures ne m’ont pas suffi. Le dragon, durant la dernière scène, nous aguiche enseveli sous son tas d’or. On espère retrouver  le hobbit et toute sa bande de petits copains le plus rapidement possible. C’est bien joué de diviser le livre en trois films, c’est sur ! Commercialement c’est parfait, rentabilisons un maximum ! Et puis, pour les fans que demander de plus, le bouquin en serra que mieux respecté.

Bref moi j’applaudis face à ce feu d’artifices techniques que nous dévoile Peter Jackson. Je suis heureux mes craintes sont apaisées, l’univers est parfaitement respecté, je retrouve tout ce qui m’avait fait apprécié Le Seigneur des anneaux ; les prises de vue en hélicoptère, la bande son qui se prête agréablement à chaque scène, les combats toujours plus impressionnants, des lieux et des architectures qui font la beauté de cet univers fantastique.

Le livre a un ton beaucoup plus léger que la trilogie du Seigneur des Anneaux, mais dans un souci de cohérence et de continuité, j’avais espéré que Peter Jackson rende l’intrigue, et surtout la façon dont elle est racontée, beaucoup plus sérieuse. Et finalement, c’est bien le cas. En clair je suis conquis.

Le seul aspect négatif que je me permets de formuler est concernant les personnages de la compagnie, ils n’ont pas de réelle consistance, (on ne différencie pas les nains des autres, à l’exception de leur chef) finalement on ne s’attache pas à eux. Comparé à la trilogie du Seigneur des Anneaux ou chaque personnage de la communauté incarne un véritable rôle et traduit une véritable personnalité, on regrette un Viggo Mortensen ou un Orlando Bloom.

A présent je vais prendre mon mal en patience et attendre la suite …

Mael.

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2 réponses à “Le retour fracassant des petits bonshommes aux pieds poilus

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